Escale forcée à Belitung

Après s’être montrée très active et vite apprenante, notre Hiu Ying montre un petit mal de mer. Mais le mal grandit, et la belle ne mangeat plus, rendit son estomac à la mer, puis ne but plus et là, avec la chaleur, l’inquiétude générale montât. Les Iles Cocos Keeling d’un coup s’estompent pour Maxime. Elle aimait bien barrer, mais ce fut vite un lointain souvenir d’elle. Ses yeux vide de vie, sa tension basse, on projette l’escale à Jakarta, pour un bon abri.

Sur des conseils avisés, on la fit boire avec un linge mouillé, puis à la seringue, comme un petit oiseau hagard. Alitée en permanence, trois sans boire et vomir, la déshydratation était là  ….

Sans visa pour l’Indonésie, Jakarta à 400 milles, un rendu de couleur marron nous fit mettre cap sur île proche de Belitung. Malgré un mouillage incertain, il fallait la mettre à terre.

Et la pauvre subit une nuit un mouvement bien violent du bateau qui se coucha.

Et nous dehors étions bien affairés, éblouis à en devenir aveugle un moment, et assourdis des coups de tonnerre. Jamais vu autant de traits de foudre reliant le ciel et la mer, plus de nuit mais un voile blanc sur 360 °, un blanc cru, le bruit assourdissant et les voiles ….

Rouler le génois fut long, la grand voile en drapeau effaçant la risée, enfin ce n’était plus une risée. C’était long, long, long.

Yves et Maxime eurent raison du génois, on pris les ris vite vite et tout fut rétabli. Hiu Ying ne reçu plus de soin pendant ce temps mais de toute façon elle était gisante.

Avec la lune revenue au travers des nuages, les éclairs tus, nos oreilles apaisées, on vit un bout de toile flotter, le génois avait morflé, grave. La situation était de nouveau en main.

Le souvenir de ce magnifique spectacle qu’aucun jeu vidéo ou film ne peut égaler reste encore imprégné dans nos sens.

Dantesque, une nature brute, déchaînée, à son aise, splendide et grandiose.

Pas facile d’imaginer un spectacle son et lumière de cette ampleur, nature au dessus de tout, de toute création informatique, c’était et reste encore un souvenir pregnant, émouvant.

La création à l’état pur,

dans la démesure,

dans la folie et la beauté des éléments bruts.

Une réflexion au sujet de « Escale forcée à Belitung »

  1. Bonjour les marins,
    … que d’aventures… on vous embrasse du fin fond du golfe de St Tropez et vous souhaitons bon vent et belle pour la suite…
    et merci pour ces jolies lectures qui nous font voyer…
    Biz Alec

Les commentaires sont fermés.