L’arrivée aux Marquises

La fin de notre traversée s’est déroulée différemment du début.

Autant, le départ après les Galapagos s’était déroulé d’une manière idéale, avec de petits vents de travers nous permettant toutefois, de bien avancer, sur une mer très calme, autant, à environ 1000 milles des Marquises, des vents forts, et surtout une grosse la houle nous ont beaucoup remués.

Particulièrement vers le milieu de la nuit, au alentours de quatre heure du matin, au changement de quart, nous avons, durant trois jours successifs, été obligés de prendre des ris sous un grain dont les vents dépassaient 40 nœuds et de les relâcher sitôt le grain passé.

Une fois le vent a même dépassé 50 nœuds avec une pluie battante qui ne nous permettait même plus de voir le compas, tellement elle était forte. Sous trois ris, sans voile d’avant, nous dépassions les 15 nœuds!!!

Heureusement, dés que tout était prêt pour étaler cette force de vent, tout dégringolait, et nous nous retrouvions avec des vents inférieurs à 20 nœuds. Un grain! Nous l’appelions le grains de quatre heures.

Mais la mer restait très forte, à tel point que, lorsqu’enfin, nous nous approchions de l’île de Hiva Oa, nous dûmes nous écarter de la cote tellement les vagues explosaient sur les rochers, et lorsque nous fumes en vue du port abri de l’île, bien qu’orienté vers le sud, alors que le vent venait de l’Est, nous avons décidé de ne pas nous arrêter et de rester en mer!

Après plus de 3000 milles et environ 18 jours de traversée, si prés du but, nous avons décider de contourner l’île et de remonter vers Nuku Hiva située à environ 80 milles plus au nord.

Encore une nuit de mer, mais nous savions que la baie de Taiohae, située elle aussi plein sud, est très profonde, et le mouillage est protégé des vents dominants.

La nuit fut relativement calme avec toujours une grosse houle, mais au petit matin le vent a subitement fraîchi et dans une réduction de voilure le grand solent s’est enroulé autour de son étai. Il nous a fallu plus d’une demie heure avant d’arriver à tout remettre en place, ce dernier réveil du petit matin avait un goût salé !

Nous avons terminé notre approche vent de travers, et c’est au moment de l’apparition du soleil que nous avons commencer à pénétrer dans la baie.

Quel contraste avec ces derniers jours.

La végétation des Marquise est d’un vert que l’on ne doit retrouver qu’en Écosse ou en Irlande, mais avec une température plus agréable.

Nous avons vite aperçu au fond de la baie les premiers voiliers, tous au mouillage, il y en avait environ une trentaine, c’est à cette époque la moyenne. Lorsque le Rally de l’ARC est passé en Février dernier on nous a raconter que l’on a compté plus de 90 bateaux!!! devait y avoir des embouteillages le long du quai ou l’on range les annexes !

Quel plaisir que d’affaler les voiles, de mouiller, de rapidement ranger le cockpit et de s’asseoir, puis, sans bouger simplement admirer les montagnes vertes qui nous entourent.

Quels sont les bateaux voisins ? Comment est organisé cette  »Capitale » des Marquise?

De loin nous ne voyons d’abord que des arbres, très grands le long de la plage, puis derrière un quai nous voyons quelque toits, mais tous séparés les uns des autre par de la végétation.

Après un bon petit déjeuné nous décidons d’aller à terre. Pour cela nous gonflons la nouvelle annexe, celle qui a un fond rigide, au cas ou!

Puis a trois dans notre annexe nous partons à l’aventure.

Il y a un quai, une dizaine d’annexes regroupées autour de deux échelles permettent d’y accéder.

Plusieurs boutiques/cafés avec tables et chaises bordent ce quai. Sous l’ombre de grands arbres, le premier coup d’œil est très attirant.

A la terrasse du premier café un orchestre joue en même temps que certain consommateurs chantent. Puis l’orchestre s’arrête et le guitariste sort de son sac une tondeuse et commence a couper les cheveux du gérant du café, puis d’un autre membre de l’orchestre, et d’un autre encore !

Nous demandons l’adresse de la gendarmerie, car il fallait faire dès, notre arrivée, le dédouanement du bateau.

Même en territoire français d’outre mer, c’est indispensable.

Docilement nous pénétrons dans cette ville jardin. L’architecture de tous ces bâtiments administratifs est bien intégrée dans cet univers de verdure, les toitures sont basses, parfois recouverte de bois, très traditionnel.

Le responsable de la Police, Douane, Gendarmerie, Immigration, Sanitaire:Santé, tout cela dans un seul est même homme est très accueillant, ce n’est pas comme aux Galapagos! Il nous indiquent rapidement comment est organisée cette Capitale/village, et lorsque nous lui demandons ou se trouve un distributeur de billet il nous propose lui même de nous changer des dollars si nous en avions. Nous avons préféré aller à la poste ou un distributeur nous a fait découvrir des « Francs Polynésiens » De grands billets qui ont tous deux zéros de plus que nos Euro/Dollars. Au début c’est surprenant, mais on s’y fait très vite.

Nous étions le 13 juillet, et nous apprenons que le lendemain , le 14, c’est une très grande fête pour tous les habitants de l’île.

Il faut être prêt à huit heure pour assister au défilé.

Après la poste, nous avons découvert les services locaux, laverie, supermarché, salle des fêtes, Internet, café des navigateurs etc etc.

Ce soir là nous nous sommes couché très tôt pour une nuit entière, sans quart, tout d’une traite !

Mais au petit matin, nous sommes prêt pour assister au défilé et au discours du maire.

Dés notre arrivée sur le quai nous sommes conseillé d’aller vers la salle des fêtes et la mairie devant la rue face à la mer.

La une foule attendait le début du défilé.

Une présentatrice avec un porte voix annonce le début du défilé, nous nous penchons sur la voie pour le voir arriver

Tout d’abord apparaît la voiture des pompiers, suivit de l’ambulance de l’hôpital, puis la fourgonnette de la gendarmerie. Puis plus rien, mais l’ambiance continuait, et nous réjouissait.

Des familles entières étaient venues voir le défilé et nous comprimes pourquoi lorsque la cavalcade apparu.

Cette fois ce fut beaucoup plus intéressant. Des jeunes garçons et filles montaient à cru de petits chevaux des îles, très nerveux, mais très bien tenu par leurs cavalier .

Ce fut, tout d’abord le passage de toute la troupe, puis l’un après l’autre, chaque cavalier fit son numéro seul devant toute la foule. Chacun fait son pas, l’un marche en crabe, l’autre fait des ronds successifs, le troisième marche en ne faisant que des petits sauts, un autre essaye de faire marcher son cheval sur ses deux pattes arrières (sans beaucoup de succès) Puis de nouveau une cavalcade et la présentatrice nous propose d’aller jusqu’à la plage ou tous les cavaliers vont courir à travers les vagues et beaucoup d’éclaboussures. Puis nous entendons le début d’un discours en langue locale, c’est le Maire qui commence son discours, il dure longtemps, mais au moment ou nous pensons que tout est fini, il recommence , mais en français.

J’ai beaucoup apprécié d’entendre ce discours, en même temps que l’énumération des projets de l’île et des remerciements adressés à tous les officiels présents, il y a les félicitations aux  »bons élèves, les  »au revoir » au brigadier qui a terminé son temps sur l’île et qui rentre en France après quatre ans de service, puis après un magnifique vive la république vive les Marquises, le maire invite toute la population a un gigantesque buffet apéritif dînatoire dans la salle des fêtes ou toutes les  »dames » du village avaient préparées de très bonnes choses.

L’ambiance était merveilleuse d’autant plus que le temps, qui ces jours passés était très pluvieux, était ce jour là tout ensoleillé !

L’après midi de nombreux ateliers avaient été organisés, confection de couronnes et colliers traditionnels en fleurs, cassage et décorticage des noix de coco en enlevant entièrement tout le coprah blanc du fond de chacune des deux parties de chaque la noix cassée , Atelier de décoration de petits stands devant servir par la suite de petite salle de restauration pour la suite de la fête dans la grande salle des fêtes (toute la décoration n’était faite qu’avec des plantes, feuilles, palmes), c’était magique. Dans d’autres coins des ateliers pour enfants. Puis les danses commencèrent, ce furent d’abord des danses traditionnelles faites par des hommes et de merveilleuses danseuses toutes habillées de avec des palmes, feuillages et fleures!

La population appréciait beaucoup ces danses et lorsqu’à la fin d’une danse chaque danseuse est allée chercher un ou une danseuse parmi la foule, j’ai été très étonné de constater que chaque nouveau participant savait très bien danser et même certaine femmes âgées et bien portantes dansaient avec une légèreté que je n’aurais jamais imaginé. Puis les danseurs traditionnels ont laissé la place aux jeunes du pays qui ont continué la soirée. Pour notre part nous sommes rentré au bateau pour faire une grasse matinée.

Depuis nous passons nos journées à travailler sur le bateau, rencontrer les bateaux que nous connaissons depuis Colon, Panama, ou les Galapagos.

Nous prenons nos repas chez Henri, le Patron du café des navigateurs. C’est par lui ou grâce à lui que nous nous débrouillons sur place, membre du conseil municipal, il connaît tout le monde.

Il y a deux jours, nous sommes allés passer la journée dans la crique d’à coté une matinée de traversée pour arriver dans une petite crique avec la traditionnelle plage au fond, la pelouse les cocotier et une petite rivière qui nous permet de nous baigner dans l’eau douce. Nous débarquons dans ce havre de paix, une petite maison apparait sous les cocotiers, il y a trois hommes assis en train de parler, nous nous approchons et leur demandons s’il nous est autorisé d’amarrer notre annexe à coté de leur bateau, il nous invitent à boire une bière locale fabriquée avec des fruits !!!

Puis nous partons a travers des jardins d’arbres fruitiers, sous de grands cocotiers.

Nous faisons la connaissance d’un jeune couple qui ne vie que de la vente de ses fruits, Ananas, mangues, pamplemousses, oranges, melons, pastèques, papayes, noix de coco, bananes.

On apprend à ouvrir une noix, à choisir celle qui donne le meilleur jus, a faire de la poudre de coprah avec une rappe  »maison ». Ces gens son charmants.

La nuit tombe et nous devons rentrer sur Taiohae car le lendemain Hans notre équipier allemand qui nous accompagne depuis Panama doit reprendre son avion.

Aussi c’est de nuit que nous faisons le trajet de retour pour retrouver notre baie tranquille et tous nos amis.

3 réflexions au sujet de « L’arrivée aux Marquises »

  1. Bravo ce commentaire va me faire encore rêver à ces îles que j’aurais tant voulu connaître .Compliments à tous ; Bises à Claire. Alain

  2. Grand salut à tout le monde et bises à Claire. Claire, en ta qualité d’infirmière « retraitée » tu ne peux plus être dégoûtée par des histoires répugnates, alors voilà : avant de me lancer dans la pêche, j’avais demandé à accomplir une marée. C’était, je crois, vers 1957, il s’agissait encore d’un très vieux chalutier d’avant guerre à vapeur. Au réfectoire j’étais assis à côté du vieux bosco, entre lui et un évier qui sentait aussi bon qu’un chiotte. Le bosco portait une casquelle de marin devenue violette avec une visière de cuir écaillée qu’il ne devait jamais enlever, même la nuit, je suppose, le tout d’une odeur délicate. La cuisiniére étant au charbon, au moment de l’apéro, il ouvrait le cercle central et y envoyait avec une précision de tireur d’élite, un très long jet noir de crachat de chique dans le trou, suivi d’un long sifflement de charbon ardent refroidi ; PSCHIIIIIIIIIIII……
    Je suis rapidement sorti prendre l’air en dégueulant et pour ne pas paraître trop snob, j’ai prétendu que j’avais le mal de mer !!! Ensuite je m’y suis habitué, fallait bien…………ALAIN

  3. Bonjour Claire !

    Souvenirs souvenirs….J’y étais en 2007. IL vous faut plonger dans la passe de Tiputa, c’est magique. Et puis prendre le passeur rien que pour admirer son tatouage.
    Et puis et puis…..

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