Lettre à Kenza

Me voici avec toi depuis plus d’une heure. Il est trois heures du matin à notre bord alors que pour toi il est 7 heures et ce doit être l’heure de te lever. Tu n’imagines pas qu’en ce moment, je suis au  milieu de l’Atlantique entrain de t’écrire. Le bateau marche bien et nous naviguons au cap ce qui est très agréable pour nous. Il fait très noir dehors.

Les nuages nous occultent les étoiles et la lune qui est  maintenant levée est derrière les nuages.  La lune « descend », donc elle nous apparaît plus petite chaque jour et maintenant elle est à son dernier quartier. Venons-en à tes questions.

« Est-ce difficile la vie à bord ? »

En premier lieu, la réponse qui me vient tout de suite à l’esprit est NON. Mais ensuite, cette simple question contient beaucoup de choses. Car OUI, la vie est difficile en bien des aspects car les contraintes sont très importantes. Nous sommes loin de faire ce qui nous plaît comme il nous plaît. Mais ce qui est sur, c’est que cela nous donne beaucoup de plaisir et que la vie est très agréable à bord.  Je te réponds donc,  difficile mais agréable. Par exemple, actuellement le bateau « gîte » et tout déplacement est difficile. Il faut se tenir sans arrêt, chaque geste est mesuré afin d’atteindre son but. Il faut être très concentré sur ce que l’on fait. Quand on pose un verre, il faut faire attention à ce qu’il ne tombe pas avec les mouvements du bateau. Alors, dès que l’on ne s’en sert plus, le mieux est de le laver et le ranger tout de suite. Surtout que nous avons des verres en verre alors que sur les bateaux ils sont souvent en plastique.

« Pendant que tu veilles la nuit, est ce que tu rencontres des animaux marins. Lesquels ? »

La nuit, les seuls animaux que nous voyons sont les dauphins. La nuit dernière, ils sont apparus d’une très jolie façon : les effets de lumières sont tels parfois que toute masse d’eau remuée est phosphorescente. Cela est du au plancton paraît il. C’est merveilleux et le bateau est entouré de lumières magiques puisque son passage provoque des remous. Alors, quand les dauphins arrivent, on voit leurs traces sous l’eau comme des flèches argentées. On peut alors les voir arriver sur l’arrière du bateau, foncer à l’avant en sautant au milieu du bateau ou à l’avant, puis faire rapidement un demi-tour. Arrivé juste à l’arrière du bateau, à nouveau un demi-tour serré et hop, il fonce vers l’avant en faisant des variantes de trajectoire. C’est un régal de voir leurs jeux si bien réglés point de vue vitesse. Quand il saute hors de l’eau, toute l’eau devient phosphorescente.

« Le jour, quand vous naviguez, des fois vous jouez à des jeux de société ? »

Oui, mais cela dépend de l’équipage. L’été dernier, j’ai beaucoup joué au Rumikub avec une amie. Des fois, on jouait la nuit pendant nos quarts. J’en ai de bons souvenirs. Depuis, nous n’avons plus joué. J’ai acheté un petit jeu d’échec en Espagne mais n’y ai joué qu’une seule fois avec Julien. En fait, nous n’avons pas beaucoup de temps pour
jouer. Il faut vraiment avoir des conditions de temps très stables. Mais, j’aimerais bien jouer un peu plus car cela m’amuse beaucoup. Tout en me faisant travailler mes méninges.

« Vous pêchez souvent ? »

Plus précisément nous avons très souvent la ligne de pêche en traîne. Du lever du jour à la tombée de la nuit, la ligne est derrière le bateau. Entre Marseille et les Acores, c’est Julien qui s’en occupait. A Gibraltar, avec Yves qui aime bien aussi la pêche, ils ont trouvé un espagnol qui leur a livré plein de secrets de pêche. Maintenant c’est Anthony qui le premier met la ligne à l’eau, change les appâts … Pour ma part, je n’aime pas trop la pêche mais apprécie de manger tout de même du bon poisson frais. Un ami breton nous a prodigué les conseils pour monter soi même une ligne de pêche. A La Rochelle,  Yves a acheté le matériel nécessaire qui est très rudimentaire.

Je te laisse car il me faut envoyer ce courrier, envoyer une demande de fichier météo et ensuite allez me reposer. Pendant ce temps, je te souhaite une bonne matinée.

Une bise marine à toute la classe

A 600 miles des Acores

Nous sommes ici à environ 600 miles des Acores et le triple du Canada.

Nous sommes partis de Sao Miguel il y a quatre jours déjà, nous y avons fait une escale rapide et très occupée, mais nous avons quand même pu visiter un peu l’île. Cette île au beau milieu de l’Atlantique est très intéressante. Elle ressemble un peu à la Suisse avec des fleurs de partout. Lire la suite

Tout va bien à bord

Faisons chaque jour des menus et des plats exceptionnels. L’ambiance est très agréable mais le bateau tape un peu car nous sommes au prés. Hier, par vent très très faible, nous avons mis en place l’emmagasineur qui fonctionne parfaitement bien avec les deux voiles très légères. Un gros avantage, les voiles ainsi roulées peuvent se ranger très facilement dans la soute à voile avec un gain de place que l’on n’aurait pas pu imaginer avant.

Les lignes de pêche restent sans intérêt pour les poissons mais le leurre est toujours à l’eau.

Salut de tout l’équipage.

Yves.

Entre la grisaille et la bonne humeur

Nous sommes en mer. Il est quatre heure du matin heure TU et déjà j’entends les discussions dans le cockpit. Véronique et Anthony, équipiers embarqués aux Açores, ont pris leur quart de nuit. Les quarts de nuit, je les adore. Ils sont toujours différents pouvant associer le drôle,  l’intime, l’impressionnant de beauté ou d’étrangeté,  le dur ou le tranquille, l’obscur ou le lumineux, Lire la suite