Oups

Le Cap de l’Aigle est en fait le Cap Kaphagklip. Celui de Bonne Espérance n’a pas cette hauteur imposante suivie d’un cassure brutale vers la mer. Il fait figure d’un long prolongement, encore discret dans la brume. Nous venons d’empanner. Le cap est bon, nous allons raser Kaphagklip sans risquer un déventement. 20 noeuds de vent à 130° du vent, la vie est belle ! Les otaries jouent leur lent ballet, de plus en plus fréquemment, souvent deux par deux.

Cap des Aiguilles

Les larmes inondent mes joues, mon nez coule abondamment nécessitant un arrêt de ma tâche. Se moucher, se laver les mains et finir de couper ces satanés oignons rouges,les derniers embarqués à l’Ile de la Réunion. En même temps je surveille la route des cargos, me payant un petit slalom entre deux pour couper leur route en montrant bien mon intention.
Il fait beau, bon, soleil, température idéale. C’est la dernière étape de l’océan Indien. Dans quelques milles, le Cap des Aiguilles, la terre la plus sud de toute l’Afrique. Plein nord et c’est la Méditerranée,la Libye. 20° Est.

Nous avons quitté Port Elisabeth le lendemain de Noël à trois voiliers, nos compagnons depuis Durban et pour notre Noël. Hier nous les avons croisé en mer. Nous avions été moins rapide qu’eux. Plus petits, ils sont souvent au moteur pour avancer dans la houle et la lègère brise alors que nous sommes plus longtemps à la voile mais moins rapide. Séance de photos entre nous. Marie et Laurent sur Ralph Rover sont très beaux. Coque rouge, voiles blanches, tauds bleus marines, tout flambant neuf avec l’équipage rayonnant de bonheur et mariage en vue. Et je leur commande par VHF des photos de nous deux. J’y tiens à ces photos,je réveille Yves. Jamais nous n’avons eu de photos de nous deux, seuls à bord, sous voile. Nous avons eu beaucoup de monde à bord de notre beau voilier « colorfull » pendant ces 5 ans, mais aujourd’hui je réalise qu’avant tout c’est notre tour du monde à tous les deux. Alors une p’tite photo, oui, pour nos encore plus vieux jours.

Et surprise, une heure plus tard, c’est bien Wunjo sous notre vent. Là, Jean Michel, seul à bord, sort son énorme appareil photo. Lui aussi a de l’allure, mais surtout lui, son bateau étant moins contrasté en couleur. Les trois voiliers sont a vu et notre amicale et notre petite flotille se disperse. Nous les laissons vite derrière nous mais rendez vous à Simons Town au sud de Cape Town.

Entre Durban et Port Elisabeth

Et nous voilà partant pour Port Elisabeth. 380 milles. Nous sommes des acharnés des sites de prévisions météorologiques. On compare nos impressions. Les prévisions changent vite. Pas très rassurant car une fois partis …. C’est l’étape la plus délicate du voyage. Le courant des aiguilles longe le plateau continental, environ 200 m de fond. Un gros courant favorable, détectable au thermomètre qu’il faut trouver au plus tôt. Mais surtout, il faut avoir la bonne « fenêtre météo », se garantir des vents portants car si ils viennent à tourner, le conflit vent contre courant génère de grosses vagues. Les descriptions sont effroyables. Jusqu’à 20 m de haut. Bon, même la moitié, nous ne voulons pas voir cela. Cela ferait beaucoup de choses à raconter, certes, mais vraiment, nous préférons les récits tranquilles, les petits oiseaux, les jolis levers de soleil, les recettes de cuisine …..

De quoi décevoir  mon ami et papa bateau Alain qui m’écris ceci : « Ras le bol de voir vos corps bronzés et vos tauds de soleil . Nous les Bretons de la Manche, ce qu’on aime c’est les bottes et les cirés avec serviette autour du cou et lorsqu’on se déshabille, que ça sente fort et mauvais … ».

Ayant eu la chance d’arriver jusqu’au bout à la voile, Yves nous réveille, mets le moteur en route. Nous nous préparons à tout affaler mais silence. Moteur en rideau.  Nous pensions  avoir résolu le problème à Richards Bay avec le changement de pré filtre, sachant tout de même qu’il faudrait surement nettoyer le réservoir, mais on avait un peu oublié.

Heureusement, nous sommes rodés sur le problème. Doriane et moi gérons le pont, profitons d’un air léger pour aller vers  la zone de mouillage des cargos.  Yves plonge dans les fonds pour trouver le pré filtre tout noir. En un tour de main, il le change et  le moteur redémarre. Direction le port, le jour s’est bien levé et nous nous mettons à couple d’un bateau de pêche. Que c’est bon d’être amarrés à Port Elisabeth. C’est la dernière arrivée pour Doriane qui nous quitte le lendemain. Nous sommes restés un mois ensemble. Seul petit regret, ne pas être arrivés ensemble à Cap Town et avoir passé le Cap de Bonne Espérance. Ce sera pour l’an prochain, elle trouvera un autre bateau à la Réunion ou plutôt elle partira de Port Elisabeth. Là, elle va partir aux Sables d’Olonne pour tenter d’intégrer le module voile de son Capitaine 200.  Elle nous quitte avec 2000 milles de plus dans ses bottes, enfin, ici les bottes, c’est une image.

Deux jours plus tard, nos amis arrivent. Les trois bateaux plus petits que nous aurons fait beaucoup de moteur. Mais pas question de traîner dans ces parages, il faut tenir le plan de vol car gare aux méchantes vagues. Au total, le courant nous aura poussé sur 98 milles, plus d’un quart de la route. Bien sympa un courant qui ne se renverse pas !

The Game

Avec Marie, nous partons en fin d’après midi à la recherche de mangues qui ne payent pas de mine mais qui sont délicieuses. Notre envie de découvrir un peu cette vieille ville nous pousse un peu plus loin que les conseils de prudence prodigués. En fait nous ne voyons pas de suite que nous sommes les deux seules blanches. D’une rue à l’autre, tout se transforme vite. Une rue de déballage à terre de marchandise côtoie un grand magasin d’habillement très standard. Le parc honorant les morts des 2 guerres mondiales est visiblement un squatt ou nous ne risquerons que nos yeux. Et marchant ainsi, nous sommes attirées par un rassemblement devant une grande entrée. Allez, on rentre. Marie est du genre exploratrice spontanée non effrayable.  Bonne pêche.  De la musique, un orchestre de 4 femmes déchaînées. Deux bars, un pour manger sur le pouce, l’autre pour boire. Cela sent un ancien hôtel de luxe ou autre …. Se sentant en toute sécurité, de fil en fil, on essaie de comprendre et le mot Game revient sans cesse.  Un casino ?

Nous  gravissons les escaliers, re questionnons,  et au final comprenons que nous avons juste le temps de prendre un ticket et de monter. Et nous voilà entrant dans un théâtre, petite jauge et décors forts sobres, tout noir.

Pas eu le temps de prévenir les autres.

Et huit femmes entrent en scène. Rapidement, on comprend qu’elles sont en prison. Commence un spectacle haut en chants, gestuelles, drames et rigolade.  Seul l’inquiétude que nous risquons de semer, voir la panique auprès de ceux qui ne nous voient pas revenir alors que la nuit est là depuis bien longtemps interromps ces instants de jouissance. Marie sort pour tenter un coup de fil. Ne la voyant pas revenir, je me mets moi aussi à me faire du souci. En sortant de la salle, je comprend qu’une fois sortie on ne plus re entrer.

Arrivant enfin à prévenir Yves par téléphone, nous nous laissons aller à un gin tonic et muffins, savourant ainsi cette trouvaille ressemblant à la découverte d’un grand trésor. Un monsieur du théâtre nous prend son son aile. Il nous explique que c’était au siècle dernier deux salles de cinéma devenue ensuite un théâtre.

Aujourd’hui il y a deux salles, une petite où nous étions et une grande.

Enfin, il nous appelle un taxi et nous y enfourne jusqu’à ce que nous soyons bien en sécurité portes fermées.

Notre spectacle était « The Game », monté et joué par des femmes du KwaZulu Natal.

En voici le contenu

DESCRIPTION de la pièce

The Game is set in the fictitious Middleburg Prison in 1993. Nelson Mandela and many political prisoners have been released from jail and country is preparing for the first democratic election ever- and in celebrating this milestone, the prison officials at the prison decide to release one of the female prisoners – but the women must decide among themselves who is to be released.

This sparks off a major argument and they decide to play a game to decide who is going home. The women play the game of musical chairs and in the end even the winners refuse to leave prison because of the lack of unity between them – they all vow they will only leave when black women are more united than now, directed by Duma Ndlovu. Production features Sindi Dlathu, Thandeka-Dawn King, and other well-known SA televisions stars.

et du théâtre :

The Playhouse Company is mandated to produce an equitable programme of live theatre productions in the fields of music, drama and dance, representative of the diverse cultural groups that comprise the population of KwaZulu Natal, both in terms of audiences and artists based in the Province.

Durban

Bernard est rentré à Paris et c’est avec Doriane que nous poursuivons notre route  sur Durban. Petite étape en une seule longue journée. Une arrivée dans ce grand port avec de forts serviables membres du yacht club qui nous guident jusqu’à un emplacement sur un ponton. Monica et Michell nous prennent les amares, on leur propose du pâte français (apporte de Paris par Bernard) et c’est ainsi que démarre une histoire. Elles nous donnent les premières informations sur la ville. Nous sommes au cœur du vieux Durban que les anciens occupants blancs ont fuit pour le nouveau Durban où nous n’irons pas.

Et c’est l’escale de partage avec Marie et Laurent de Ralph Rover et Jean Michel sur Wunjo. Croisés rapidement à la Reunion pour les premiers, aussi rapidement aux Fiji et Bali pour le second, ici on ne quitte plus.

Jean Michel nous invite à son bord pour un repas de pâtes Vegan et musique. Et toujours Monica et Michell nous accompagnent et nous surveillent. D’accord, on ne se baladera plus à trois blancs dans ce quartier avec nos ostensibles sacs à dos bien gonflés. Et puis ce sera tellement plus agréable les mains dans les poches.

Les animaux

Les singes sont légion à Richards’Bay. Ils viennent tôt sur le quai le matin. Pas encore informés de leur effronterie, nous voilà encore endormis avec Yves, le capot de la descente ouverte. Après quelques petits bruits, en voici un plus gros et surprise, un singe est tranquillement installé sur le moteur du carré en train de manger une banane. Pas d’appareil photo sous la main, alors en voici un sur le toit avec son petit.

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Et puis nous louons une voiture pour aller découvrir le Parc de Sainte Lucie.

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Nos premiers pas autour du village de Sainte Lucie.

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Et en bateau au lac de Sainte Lucie

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Les herbes où se trouvent les nids ci dessous

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Les nids des oiseaux béliers (appellation en Nouvelle Calédonie). Le mâle met deux jours pour le fabriquer et la femelle soit le valide, soit le détruit en quelques instants.

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